EXTRAITS DU TRES OFFICIEL CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE DE 1997
(Chez MAME-PLON ou sur http://www.jesusmarie.com pour nos commentaires)
Par François FAUCON
- Sur
la vie en général :
Art. 39 : « En défendant la capacité de la raison humaine de connaître Dieu, l’Église exprime sa confiance en la possibilité de parler de Dieu à tous les hommes et avec tous les hommes. Cette conviction est le point de départ de son dialogue avec les autres religions, avec la philosophie et les sciences, et aussi avec les incroyants et les athées. » (Ont-ils compris que les athées considèrent dieu comme une fiction ? Sont-ils même capables de comprendre – à défaut de l’accepter – qu’on puisse penser différemment ? L’histoire du christianisme et des religions en général démontre le contraire. Voyons-y malgré tout une certaine tolérance. Et poursuivons, non sans une certaine ironie, la lecture de cette atypique littérature.).
Art.
403 : « A la suite de saint Paul, l’Eglise a
toujours enseigné que l’immense misère qui opprime les hommes et leur
inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec
le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons
tous affectés et qui est « mort de l’âme ». » (A titre personnel, je ne me sens ni opprimé
ni enclin à donner la mort…Quant à mon « âme », elle jubile depuis
qu’elle cesse de croire niaisement à ces contes pour enfants. Quant au péché
transmis par Adam, la formulation est telle que même avec beaucoup de bonne
volonté, j’ai du mal à souscrire à une approche symbolique.).
Art.
407 : « Ignorer que l’homme a une nature blessée,
inclinée au mal, donne lieu à de graves erreurs dans le domaine de l’éducation,
de la politique, de l’action sociale et des mœurs. » (Les
auteurs, plutôt que d’écrire de telles inepties, feraient mieux de repartir
d’où ils viennent et de se remettre à étudier l’histoire de l’Eglise. En terme
de graves erreurs, on peut difficilement faire mieux. Quant à sa position sur
les mœurs, je gage que l’Eglise ferait mieux de mettre bon ordre dans ses
propres rangs plutôt que de reprocher à l’Education Nationale de parler sexe et
préservatifs aux adolescents.).
Art.
1655 : « Le Christ a voulu naître et grandir au sein de la
Sainte Famille de Joseph et de Marie. L’Église n’est autre que la
" famille de Dieu ". Dès ses origines, le noyau de l’Église
était souvent constitué par ceux qui, " avec toute leur
maison ", étaient devenus croyants. Lorsqu’ils se convertissaient,
ils désiraient aussi que " toute leur maison " soit sauvée.
Ces familles devenues croyantes étaient des îlots de vie chrétienne dans un
monde incroyant. » Puis dans l’art.
1656 : « De nos jours, dans un monde souvent étranger et même
hostile à la foi, les familles croyantes sont de première importance, comme
foyers de foi vivante et rayonnante. » Puis relire l’art. 39…
Art.
2032 : « Il appartient à l’Église d’annoncer en tout temps
et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l’ordre
social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la
mesure où l’exigent les droits fondamentaux de la personne et le salut des âmes. »
(Pour une vision très personnelle de la tolérance…Il en aurait fallu de très
peu pour que je sois d’accord. Il aurait fallu par exemple que le Vatican
accepte d’ouvrir les archives sur toute la période de la 2ème Guerre
Mondiale, pour que lumière soit faite sur cette période où la papauté a si bien
respectée les droits fondamentaux de la personne humaine. Elle a préféré en
bloquer l’accès à partir de 1939.).
Art.
2067 : « L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut
pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement
vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen
praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres
humains. ». (Ai-je bien lu ? Je croyais pourtant qu’il ne fallait
pas tuer et aimer son prochain… J’ai du me tromper. La République laïque a
longtemps pratiquée la peine de mort, mais elle a eu la sagesse de l’abolir.
Relire l’épisode de Moïse et du « Veau d’or » pour voir comment dieu
distribue la mort.)
- Sur l’avortement et la
contraception :
Art.
2271 : « Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la
malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il
demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou
comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale. »
Art.
2272 : « La coopération formelle à un avortement constitue
une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce
délit contre la vie humaine. » (C’est logique. Et l’Eglise s’en
justifie dans l’article 2280.)
Art.
2275 : « Il est immoral de produire des embryons
humains destinés à être exploités comme un matériau biologique disponible.
Certaines tentatives d’intervention sur le patrimoine chromosomique ou
génétique ne sont pas thérapeutiques, mais tendent à la production d’êtres
humains sélectionnés selon le sexe ou d’autres qualités préétablies. Ces
manipulations sont contraires à la dignité personnelle de l’être humain, à son
intégrité et à son identité " unique, non réitérable. » (Difficile
après ça d’être favorable au clonage thérapeutique et de définir l’expression
« Bébé médicament » autrement par une manipulation génétique relevant
du docteur Frankestein… Il serait temps d’ailleurs de modifier cette hérésie
sémantique.).
Art. 2399 : « La
régulation des naissances représente un des aspects de la paternité et de la
maternité responsables. La légitimité des intentions des époux ne justifie pas
le recours à des moyens moralement irrecevables (p. ex. la stérilisation
directe ou la contraception). » (Sans commentaire…Pour mémoire, le Sida
progresse en Afrique de façon dramatique et dans une indifférence généralisée
et scandaleuse.)
Art. 2396 :
« Parmi les péchés gravement contraires à la chasteté, il faut citer la
masturbation, la fornication, la pornographie et les pratiques
homosexuelles. » (17 mai 2005 : 1ère journée mondiale
contre l’homophobie. Quant à la masturbation, lisez le livre de TISSOT et vous
verrez ce qui vous attend. Le corps et la sexualité toujours au sommet de
toutes les détestations.)
- Sur le problème de la fin de
vie :
Art.
2277 : « Quels qu’en soient les motifs et les moyens,
l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées,
malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable. » (Lire et
relire le livre de Vincent Humbert : Je vous demande le droit de mourir –
SEINE – 2005.).
Art.
2280 : « Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui
la lui a donnée. C’est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus
de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le
salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la
vie que Dieu nous a confiée. Nous n’en disposons pas. » (Relisons les
« Lettres à Lucillius » et « De la brièveté de la vie » de
Sénèque, histoire de pouvoir disposer de notre vie jusqu’au bout, en pleine
conscience, avec le libre choix et très loin de toute connotation morbide.
Ainsi donc je ne dispose pas de ma vie ! Soumission, esclavage,
dépendance ? J’hésite. Au passage, je rappelle que la Suisse ne condamne
pas l’assistance au suicide – qu’elle nomme « assistance à
l’auto-délivrance ». Voir l’émission Contre-Courant : « Le
choix de Jean » du 20 mai 2005, qui démontre que cette ultime
étape peut être faite dans la légalité et la transparence, avec humanité et
décence. Merci.).
- Sur
l’athéisme :
Art.
2123 : « Beaucoup de nos contemporains ne perçoivent
pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit
l’homme à Dieu : à tel point que l’athéisme compte parmi les faits les
plus graves de ce temps. » (Oui ! Ce livre date bien de 1997.)
Art.
2124 : « Le nom d’athéisme recouvre des phénomènes très
divers. Une forme fréquente en est le matérialisme pratique qui borne ses
besoins et ses ambitions à l’espace et au temps. L’humanisme athée considère
faussement que l’homme " est pour lui-même sa propre fin, le seul
artisan et le démiurge de son histoire " (GS 20, § 1). Une autre
forme de l’athéisme contemporain attend la libération de l’homme d’une
libération économique et sociale à laquelle " s’opposerait par sa
nature même, la religion, dans la mesure où érigeant l’espérance de l’homme sur
le mirage d’une vie future, elle le détournerait d’édifier la cité terrestre. »
Art.
2125 : « En tant qu’il rejette ou refuse l’existence de
Dieu, l’athéisme est un péché contre la vertu de religion. L’imputabilité de
cette faute peut être largement diminuée en vertu des intentions et des
circonstances. Dans la genèse et la diffusion de l’athéisme, " les
croyants peuvent avoir une part qui n’est pas mince, dans la mesure où, par la
négligence dans l’éducation de la foi, par des représentations trompeuses de la
doctrine, et aussi par des défaillances de leur vie religieuse, morale et
sociale, on peut dire qu’ils voilent l’authentique visage de Dieu et de la
religion plus qu’ils ne le révèlent. » (On aborde ici l’athéisme comme
une maladie, comme une macule à effacer… Mais une fois de plus, je dois mal
interpréter.).
Art.
2126 : « Souvent l’athéisme se fonde sur une conception fausse de
l’autonomie humaine, poussée jusqu’au refus de toute dépendance à l’égard de
Dieu. Pourtant, " la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en aucune
façon à la dignité de l’homme, puisque cette dignité trouve en Dieu lui-même ce
qui la fonde et ce qui l’achève ". L’Église sait "que son
message est en accord avec le fond secret du cœur humain ". » (A
la limite, ce n’est pas tant dieu qui me gène ici que les propos de l’Eglise.
Que dieu, ce parangon des vertus insipides, et la dignité de l’homme puissent
fonctionner ensemble, je suppose que bien des gens peuvent y trouver matière à
bâtir une vie respectable. Mais que l’Eglise se targue d’être à ce point-là au
courant des secrets du cœur humain, cela vaut le coup de lui rappeler qu’elle
reste parmi les plus grands criminels de l’histoire, sinon le plus grand, et
que malgré des repentances dont la valeur est discutable, elle n’a jamais été
jugée pour ses crimes.).
Art. 2425 :
« L’Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans
les temps modernes, au " communisme " ou au
" socialisme ". Par ailleurs, elle a récusé dans la
pratique du " capitalisme " l’individualisme et le primat
absolu de la loi du marché sur le travail humain. » (Il eut été tellement
plus simple de condamner tous les systèmes totalitaires quel qu’ils soient à
commencer par le régime nazi.)
Dans la foulée un petit extrait de la Cité de Dieu de
Saint-Augustin (le sacro-saint Père de l’Eglise) qui, après avoir connu la
chair de façon intime, se repend à outrance et cherche des solutions
« alternatives » :
« Les organes sexuels auraient été activés par un
ordre de la volonté, comme les autres organes. Alors, sans être excité par
l’aiguillon de la passion, le mari se serait étendu sur le sein de sa femme,
parfaitement calme et sans altération de l’intégrité de son corps [sans
érection]. Bien que nous ne puissions pas le prouver expérimentalement, il
n’est pas incroyable que ces parties du corps, sans être mues par la turbulente
chaleur de la passion, mais activées par une décision délibérée au moment
voulu, auraient pu envoyer la semence mâle dans la matrice, sans atteinte à
l’intégrité de la femme, tout comme le flux menstruel peut maintenant sortir de
la matrice d’une vierge sans perte de la virginité. Car la semence aurait pu
être injectée par le même passage emprunté par le flux. Tout comme la matrice
aurait pu s’ouvrir pour la parturition par une impulsion naturelle, une fois le
temps venu, plutôt que par les gémissements du travail, ainsi les deux sexes
auraient pu être unis pour l’imprégnation et la conception par un acte de la
volonté, plutôt que par un désir concupiscent. »
Relire encore l’article 39… au
cas où vous n’auriez pas compris le sens du mot « tolérance ».
Gardons à l’esprit le rôle du cardinal Poupard qui dit dans sa conférence du 1er
avril 1998(il a bien choisi son jour !) : « Car l’athéisme, j’en suis convaincu, est une foi.
Jamais personne n’a pu prouver que Dieu n’existait pas. C’est donc une croyance,
une foi, qui fait dire que Dieu n’existe pas. Alors que l’athéisme officiel
s’est effondré au centre et à l’est de l’Europe, dans la partie occidentale il
a perdu son mordant intellectuel. C’est plutôt une non-croyance pratique. Comme
le disaient les anciens : « les gens vivent comme si Dieu n’existait pas ».
Mais une fois chassé, le naturel revient au galop : chassez Dieu de l’horizon
de l’homme, il revient sous une autre forme et, en particulier, à travers les
sectes. » Amalgames de considérations éparses venant d’un homme chargé de
recoller les morceaux d’une autorité qui s’effrite. Les athées n’ont pas foi en
Dieu, rappelons-lui. Pourquoi justement croiraient-ils ou donneraient-ils une
quelconque caution à ce qu’ils considèrent comme une fiction ? Personne ne
doit se sentir tenu de prouver l’existence de ce qu’il considère comme une
fiction. Les fictions se déconstruisent.
En dehors de dieu, point de salut. Encore et toujours. Je comprends
mal de quel droit elle se permet d’englober dans son projet toute l’humanité.
Personnellement, je lui dénie ce droit. Les contradictions sont innombrables et
insoutenables. Certes, personne ne peut prétendre à la cohérence absolue, mais
tout de même. Comme tout le monde les athées ne sauraient avoir réponse à tout ;
ce n’est pas une raison valable pour inventer des fables. Mais, en tant
qu’historien et citoyen athée je me pose la question : comment peut-on
être réellement tolérant lorsqu’on prétend ouvertement (ce que fait l’Eglise)
détenir la seule lecture valable des Ecritures ? C’est capilotracté,
incohérent et écœurant.
Faut-il rappeler que Jean-Paul II débuta son pontificat par ces
paroles : « N’ayez pas peur ! » (Jacques CHIRAC fait
de même dans sa campagne pour le « oui » européen…) ? Pourquoi aurions-nous
peur ? Nous ne partageons pas les opinions et les propos tenus ci-dessus.
L’Eglise se veut tolérante et ouverte au dialogue ? Soit ! Alors
qu’elle nous explique certains
propos édifiants. D’aucuns diront que j’interprète mal ce
catéchisme… Qu’ils viennent m’expliquer… Je leur promets d’écouter.
Pour
mémoire Primo LEVI disait : « Il y a eu Auschwitz, il ne peut donc y
avoir de dieu. ».
Lorsque je suivais la formation IUFM pour devenir enseignant, l’une des questions au programme portait sur Jésus et l’église des premiers siècles. Ma formatrice nous dit un jour, après que les collègues du privé soient partis : « Il y a une idée dont on parle de plus en plus c’est que les religions portent en elles le germe de l’intolérance. Comment voulez-vous être vraiment tolérants lorsque vous n’acceptez qu’une seule vérité ? ».